Diana Krall, le coeur en plus

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Diana Krall, le coeur en plus

Postby Rémi on 02 Dec 2004, 23:41

LeGuide.be

Cadre insolite pour un quartet de jazz acoustique. Madame Costello s'y est montrée plus naturelle et extravertie que lors de ses précédentes visites.

CRITIQUE
ANDRÉ JOASSIN

Sensation inhabituelle, mardi, de voir un « petit » quartet de jazz acoustique face aux gradins et au parterre bien remplis d'une salle de la dimension de Forest National. On pouvait, a priori, se poser la question : le temple bruxellois des grands concerts de rock et de variétés constitue-t-il le cadre idéal pour apprécier un jazz vocal feutré comme celui délivré par la chanteuse Diana Krall ? Mais le décor scénique (jeux de lumières intimistes, faux ciel étoilé - un rien kitsch) et un son parfaitement défini aidaient bien à se plonger dans l'ambiance voulue.

Evoluant en grande partie sur le répertoire de son dernier CD, « The girl in the other room », alternant ballades, swings plus enlevés et blues (dont un vénéneux « Stop this world », de Mose Allison), standards, originaux et reprises de chanteurs actuels (Joni Mitchell, Tom Waits), la Canadienne s'est montrée fidèle à son cadre esthétique habituel. Elle a pourtant donné là son meilleur concert belge à ce jour.

Est-ce de vivre à proximité de son mari Elvis Costello, coauteur de plusieurs morceaux de son répertoire actuel ? En tout cas, les attitudes un peu effacées de « piano-bar » qu'on lui avait connues lors de précédentes visites laissaient place, mardi, à une présence scénique plus naturelle et plus extravertie. De même, les accents musicaux étaient imprimés avec coeur et une belle énergie, sans que les équilibres millimétriques en soient rompus.

L'artiste était bien aidée par un super trio rythmique avec lequel, dès le morceau d'ouverture, l'unique instrumental de la soirée, la maîtresse d'oeuvre démontrait qu'elle forme un vrai groupe homogène. Auteurs d'un accompagnement alliant punch et finesse à une précision d'horloge suisse, le guitariste Anthony Wilson, le contrebassiste Bob Hurst et le batteur Peter Erskine se sont distingués aussi dans des solos, tous concis, efficaces et joliment construits.

Concert pro, dans le bon sens du terme, donc, où seule, peut-être, la version de « Devil may care », qui perdait de son groove félin dans un tempo vainement speedé, aurait paru faible, si elle n'avait été ponctuée d'un chorus de l'ex-batteur de Weather Report qui emballa l'auditoire.

Même si, soumise à la définition du jazz-crooner, elle ne surprend guère, livrée de la sorte, la musique de Diana Krall en apparaît d'autant plus attrayante. A ce jazz intrinsèquement «smart» et bien fichu, l'interprète offrait là un bonus de vie et de chaleur.

02 décembre 2004

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