Diana Krall passe au salon

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Diana Krall passe au salon

Postby Rémi on 12 Dec 2004, 10:49

CyberPresse.ca

Nota: I will translate it in english, because there's some interesting comments from Diana.

Le samedi 11 décembre 2004

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Photo: Martin Tremblay, La Presse

Diana Krall au Festival international de jazz de Montréal
La pianiste publie un DVD capté au Festival international de jazz de Montréal

DIANA KRALL PASSE AU SALON
Alexandre Vigneault
La Presse

Jazzer un aréna n'est pas une sinécure. Diana Krall a brillamment relevé le défi, en juin dernier au Centre Bell, à l'occasion du gala d'ouverture du 25e anniversaire du Festival international de jazz de Montréal. Décontractée, élégante et visiblement débordante de confiance, elle a livré une performance rayonnante. Télédiffusé en direct le 29 juin dernier, ce concert gala s'ajoute à l'impressionnante vague de concerts et de films musicaux mise en marché sur DVD ces dernières années.

La commercialisation des bandes audio et vidéo de ce gala ne faisait pas partie de l'entente initiale avec le Festival de jazz, assure la pianiste et chanteuse. Mais puisqu'elle caressait l'idée de produire un DVD en concert et qu'elle trouvait difficile de mener ce projet de front avec sa présente tournée mondiale, elle a jugé que ce gala faisait l'affaire à tous points de vue.

En plus d'avoir été adroitement filmé et de bien représenter l'esprit de son quartette à l'époque ('les choses ont évolué depuis', dit-elle), cet événement revêtait une signification particulière pour elle. Le Festival international de jazz de Montréal a été un tremplin pour Diana Krall. En 1996, elle avait fait 10 soirs au Cabaret Music Hall avec un hommage à Nat King Cole. Cet engagement a eu une influence sur son disque suivant, All For You, qui fut un tournant dans sa carrière.

«Revenir au même festival sur une scène majeure si peu temps après était significatif pour moi. C'est vraiment un concert important», insiste-t-elle, à l'autre bout du fil. Par ailleurs, après avoir passé des années à se faire demander si elle n'était pas plus pop que jazz, jouer sur une scène associée au jazz l'a confortée au plan de son identité musicale. «Ça m'a inspirée, ça m'a rappelé que c'est vraiment ce que je fais, du jazz.»

Diana Krall admet avoir revu le concert deux fois... et que c'était amplement suffisant. «Je savais que j'avais donné une bonne performance, mais si je l'avais trop regardé, je n'aurais pu m'empêcher de tout critiquer, dit-elle. J'ai tendance à me dénigrer. Alors, je n'en ai pas fait une obsession.» Elle précise qu'elle a suivi le processus de loin puisqu'elle avait d'importantes préoccupations personnelles au moment où le DVD a été conçu.

Si elle n'aime pas trop se voir et s'entendre, la pianiste à la voix sensuelle s'intéresse aux performances des autres. Dans son bus de tournée, ses musiciens et elle ont notamment visionné des concerts de Duke Ellington, Mahalia Jackson et Ella Fitzgerald. «Les regarder, c'est vraiment inspirant. Ça permet de voir l'interaction entre les musiciens, explique-t-elle. Lorsqu'on regarde un DVD et qu'on en discute en groupe, chaque fois, l'un d'entre nous en emporte un élément dans notre concert suivant. C'est très stimulant. C'est comme si on avait une conversation privée (sur scène).»

Son Live at the Montreal Jazz Festival -amputé des deux apparitions d'Elvis Costello- donne l'occasion de faire la même chose avec son concert à elle. On remarque notamment qu'elle échange peu de regards et de mots avec ses musiciens. «Il est important de démontrer de l'enthousiasme, mais de manière à ne pas distraire les autres, précise-t-elle. Le contact visuel est important, mais c'est l'écoute qui compte le plus.»

«Quand je sens que je ne suis pas suffisamment inspirée ou que je ne joue pas aussi bien que je l'ai fait la veille, j'écoute les autres. Ça m'aide à sortir de moi. Je ne veux pas que le concert devienne un show qui se répète soir après soir. Il faut que ce soit spontané, tranche-t-elle. Et puis, on travaille ensemble. Ce n'est pas Diana Krall accompagnée de trois musiciens, c'est une pianiste qui joue dans un quartette.» Autre détail qui frappe l'oeil sur son DVD: des partitions trônent sur son piano... «Mais je ne les regarde jamais», s'empresse-t-elle de préciser. Qu'y font-elles? «Une fois, j'étais vraiment trop fatiguée et un peu nerveuse... j'ai eu un trou de mémoire. J'ai oublié les paroles. Alors, je garde les feuilles tout près, au cas où. C'est un truc psychologique...»

«Je sais qu'il y a des gens qui vont dire que ces feuilles ne devraient pas se trouver là, mais... fuck that! Je sais que c'est un peu étrange et je m'en suis inquiétée. Mais après, je me suis dit que les critiques n'allaient pas aller jusqu'à me reprocher ça! C'est un truc pour ne pas voir mon reflet sur le piano», ajoute-elle, à la blague.

Diana Krall s'estime sur une bonne lancée au plan créatif. Surtout, elle se sent libérée de toute étiquette. «Je me suis placée hors catégorie, estime-t-elle. Je ne fais pas que jouer des standards ou des compositions. Je joue ce dont j'ai envie: Sunny Side of the Street, de la bossa nova, du Nat Cole, une composition, une chanson de Joni Mitchell ou de Tom Waits. Je suis inspirée par le moment. Parfois, au rappel, je joue 20 minutes de piano solo. Je ne sais pas où ça va me mener...»
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