Hi, i am new here, first post!
I was at the Olympia last friday (first time i went to a diana krall concert), and it was a really great concert. i still cannot believe how great the night was, she is such a wonderful pianist, and she has such a beautiful voice... really impressive!
anyway, i found an article, sorry it is from a french newspaper, so, written in french. i just agree with everything that's been said inside!
Diana Krall, star malgré elle
LE MONDE | 22.09.04 | 14h14
Diana Krall chante, s'accompagne, joue, compose. Elle sort de cinq concerts, guichets fermés, à l'Olympia, à Paris, et file à la Halle Garnier de Lyon, le 23 septembre. Elle passe comme une tornade : insolence, fragilité et présence énorme. Elle maîtrise à peine ce qui la dépasse. Sauf en scène. Elle engage les meilleurs musiciens : Anthony Wilson (guitare), Bob Hurst (bassiste de catégorie) plus, magicien délicieux, Peter Erskine (batterie). La musique se voit. Elle attaque en force un instrumental sans pitié. Le piano résiste. Elle accroche, plaque méchamment un accord "tchécoslovaque" - ainsi parlaient les musiciens d'antan.
Diana Krall est née en 1960 à Nanaimo, une bourgade de mineurs canadiens. Les musiciens de jazz n'insistent jamais, surtout avec une vamp à succès. Alors ? Au début, on a cru que son côté vamp, sa blondeur, sa grâce rude étaient la raison. L'attachement d'un public qu'on ne voyait plus en jazz vient de là. Méfiance. La petite Canadienne insiste. Double méfiance. Elle insiste dans le style raide. Triple méfiance. Son succès la déborde. On n'est pas attentif à l'attention que lui portent Ray Brown (compositeur, mari d'Ella), Jimmy Rowles (génial accompagnateur de Billie), ou, en France, Henri Renaud. Ils ont tous disparu avant de faire savoir ce qu'ils disent d'elle depuis le début. Elle est musicienne.
Soudain, le piano l'accepte. Elle attaque The Girl in the Other Room. Paroles d'Elvis Costello et musique "de la femme d'Elvis Costello" (c'est elle). Elle parle autant qu'elle joue. Le concert bascule. Autant d'improvisations, autant d'espace. Elle décolle, spirale, prend les ascendances de plein vent. Les trois hommes l'ont rassurée. Standards, compositions costelliennes, Tom Waits, Joni Mitchell, toute sa tribu, elle se paie le luxe de célébrer Rowles, Renaud, Fats, James P. Johnson : "Je ne peux le faire qu'à Paris. Partout ailleurs, leurs noms ne disent rien à personne."
Ce n'est pas un tour de chant. C'est un acte, un concert qui prend son temps, ses valeurs, ses silences. Elle parle. Elle est drôle. Depuis huit disques, on l'attend au tournant. Au tournant, standing ovation, elle enchaîne seule, comme dans un bistrot de Vancouver, It's wonderful, On the Sunny Side of the Street, Departure Bay. Elle porte une robe à parements verts. Jamais de vert pour les blondes : pour elle, ça colle, exactement comme sa musique. Le jazz est fini ? On vous le serine. Diana Krall dément. Vous n'y pouvez rien. C'est toute l'histoire.
Francis Marmande