Je l'ai juste poster pour les photos. D'ailleurs, désolé pour la mauvaise qualité.
Diana Krall
Jazz Appeal
Sa voix chaude et chaloupée, ses divines compositions ont fait le tour du monde. De passage à Paris pour la sortie de son septième album, cette reine du jazz prend la pause sans fausses notes. Leçon d'harmonie.
Par Jean-luc Wachthausen.
Voyageuse sans bagages, elle est arrivée à Paris, entre deux avions, légèrement décalée, en compagnie de sa secrétaire et de sa styliste, prête à jouer le jeu de la promo. "Un peu apeurée mais très excitée aussi" à l'idée de faire une séance de photos pour "Madame Figaro" avec des tenues et des accesoires qui collent à son style de vie, à ses goûts personnels où se conjuguent beauté et inspiration, à l'instar de sa musique, douce et sensuelle.
Pour cette canadienne née à Nanaimo, petite ville minière de la Colombie-Britannique, la capitale est tout à la fois un rêve, un eldorado et une caverne d'Ali Baba. Lors de sa dernière visite, il y a deux ans, la blonde Diana avait juste eu le temps de faire du shopping, ce qui est toujours bon pour le moral quand on joue les filles de l'air pendant des mois avec, pour tout horizon, la scène, une chambre d'hôtel et les halls d'aéroport.
Cette fois, pour se faire plaisir et rester dans son domaine de prédilection, entre glamour chic et sex-appeal innocent, entre swing et romance, elle a choisi un joli pull Zadig & Voltaire, deux robes Lanvin (une noir et une or), un superbe manteau Saint Laurent et quelques paires de chaussures qu'elle s'est empressée d'acheter juste après la séance. Des tenues de travail, en quelque sorte, pour cette musicienne qui renoue avec la tradition des "glamoureuses" comme Peggy Lee et Julie London. Par son physique, d'abord, tout en blondeur mais où l'on devine dans le visage une volonté de fer - une certaine froideur disent ses détracteurs. Par sa voix ensuite, chaude, chaloupée, avec juste ce qu'il faut de canaillerie dans le phrasé.
Rien dans son enfance sans histoire ne laissait présager une telle carrière d'artiste. Diana se met au piano dès l'âge de quatre ans, étudie Bach et Goldberg mais écoute sur le tourne-disque 78 tours de ses parents, Nat King Cole et Billie Holiday. A dix-sept ans, après avoir joué dans les bars pour hockeyeurs en furie, Diana Krall obtient une bourse au célèbre collège musical Berklee, à Boston. Trois ans plus tard, elle est à Los Angeles, chouchoutée par des pygmalions comme le contrebassiste Ray Brown (ex-mari d'Ella Fitzgerald) et le pianiste Jimmy Rowles, qui a accompagné les plus grandes - Julie London, Billie Holiday et même Marilyn Monroe. Il aura fallu que le beau Clint Eastwood lui compose une chanson "Why Should I Care?" (pour son film "Jugé Coupable"), pour qu'elle sorte de l'anonymat et publie à l'automne 2001, juste après les fracas des attentats du 11 septembre, "The Look Of Love". Un album de ballades paisibles et soyeuses, enregistré avec le London Symphony Orchestra et vendu à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde. Le 13 septembre, à Paris, elle joue et chante la gorge nouée, "I Love Being Here With You", tapant comme une dingue sur son piano, par colère, par impuissance, par dépit face à la tragédie. C'est l'occasion de découvrir les qualités humaines d'une musicienne qui avoue : " Le piano est mon instrument fétiche, et le jazz mon langage naturel." Il faudra encore un peu de patience pour que Diana Krall, dont Ella Fitzgerald est le modèle, soit considérée comme la meilleure pianiste et chanteuse de Jazz du moment.
Son nouvel album, The Girl in the Other Room, le septième, lui permet d'illustrer l'étendue de son inspiration. On y trouve des standards signés Joni Mitchell, Tom Waits et... Elvis Costello, l'homme de sa vie, qui a le chic pour coller des mots sur ses musiques. Leur rencontre lors d'un concert a tourné en coup de foudre. Le rocker anglais a trouvé en elle une sorte de muse qui l'inonde de pages d'écriture, de souvenirs d'enfance qu'il restitue sous forme de poèmes. Pas de doute, Diana Krall lui a fait chavirer le coeur, elle qui ne rêve par sa musique que d'"élever l'esprit et tisser des liens d'amour avec le public".


