Diana à Montréal

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Diana à Montréal

Postby Anne Marie on 29 Jun 2004, 00:20

Bonjour!

Pour aider mes amis Français à se changer les idées après l'amère défaite des Bleus à l'Euro 2004, voici un article paru samedi dans le quotidien montréalais La Presse.



26-06-2004

Le 25e festival de jazz de Montréal
Célébrité pop attitude jazz

Alain Brunet
La Presse


Avec son nouvel album The Girl In The Other Room, Diana Krall fait la preuve qu'elle est plus qu'une chanteuse jazzy pop adulée par le grand public. En fait, son mariage avec le Britannique Elvis Costello, très présent dans ce processus créatif, nous révèle la chanteuse canadienne sous un autre éclairage. Elle se confie à La Presse, à quelques jours du gala commémorant le 25e anniversaire du Festival international de jazz de Montréal, mardi au Centre Bell.

Courtoise, elle s'enquiert de l'état de son interlocuteur, on sent tout de même une certaine lassitude dans le ton. Trop d'interviews, madame Krall? Trop de concerts? Too many buzzards sitting on the fence ? pour reprendre une rime de Stop this World, reprise de Mose Allison qu'elle nous serten apéro sur son nouvel album.

Elle rit doucement. « Je n'ai pas très bien dormi », répond-elle.

Les interviews avec Diana Krall commencent comme celles réalisées aux cours des années précédentes: on la sent fatiguée et impatiente, un tantinet caustique dans ses réparties... et puis tout baigne. Un peu à l'image de sa carrière... de prévisible et opiniâtre chanteuse de jazz s'accompagnant au piano dans le monde prédigéré des standards, elle est finalement devenue une artiste respectée. Parce qu'elle s'est approprié une forme insoupçonnée (quoique très accessible), quelque part entre le jazz et la création pop. Idem pour sonmariage avec Elvis Costello; l'union s'annonçait platement glamour, et voilà qu'il en ressort déjà un chapitre de création authentique.

Diana Krall, tout compte fait, est plus qu'une chanteuse jazzy pop, beaucoup plus qu'une pub de Chrysler garnissant la caisse de retraite de Burt Bacharach imaginez les droits qu'il a touchés avec les reprises de la grande blonde! Plus qu'une prestigieuse invitée aux duos du regretté Ray Charles (à venir prochainement) ou l'interprète de Just One Of Those Things, classique de Cole Porter retenu dans la bande originale d'un film réalisé enhommage au génial songwriter (De-lovely).

« Mon dernier disque, résume-t-elle, est la représentation honnête de ce que j'étais lorsqu'il a été créé en 2003. Aujourd'hui, je regarde ailleurs. Avant de réaliser The Girl In The Other Room, j'avais eu la chance de faire un disque comportant un travail orchestral considérable. J'ai voulu travailler avec Johnny Mandel qui a orchestré le travail de Shirley Hornet Frank Sinatra, je l'ai fait. J'ai pu me permettre la collaboration du légendaire Claus Ogerman qui a arrangé pour Jobim et Gilberto; j'ai pu chanter ce répertoire avec un grand orchestre.

« J'étais alors dans le moment présent, je le suis toujours aujourd'hui. Par exemple, je me suis sentie mal à l'aise lorsqu'on a repris à des fins publicitaires pour cette tournée un extrait de la chanson S'Wonderful , tiré de l'album précédent. Bien sûr, mon répertoire comporte de » vieilles « chansons, mais elles ne constituent en rien les bases de ma tournée actuelle. »

Après avoir repris le répertoire de Nat King Cole, après être devenue la plus populaire des chanteuses de jazz sur terre en versant dans les standards comme dans cette classic pop orchestrée avec faste, la Canadienne de 39 ans dit faire dans la création.

« Je fais dans la musique tout court, précise-t-elle. Le jazz en est la racine, la constante. Le jazz est toujours là car il est ouvert à l'improvisation. Et je tiens à ce qu'il y ait toujours de l'improvisation dans mon travail. Encore hier sur scène, je me suis permis de jouer Don't Fence Me In pour enchaîner avec Black Crow, de Joni Mitchell. C'est ce que l'attitude jazz me permet, avec toute la confiance que m'accorde mon auditoire. »

Diana Krall tourne d'ailleurs avec un ensemble très jazz, ensemble que forment le contrebassiste Rob Hirst, le guitariste Anthony Wilson et le batteur Peter Erskine. Mardi au Centre Bell, le gala du 25e Festival international de jazz de Montréal ne prévoit qu'un invité: son fameux mari. L'excellent songwriter canadien Ron Sexmith, prévu en première partie, se joindra peut-être à la chanteuse, Tony Bennett a malheureusement décliné l'invitation.

Quoi qu'il advienne de ces « surprises », Declan McManus ( le nom véritable de Costello) sera l'illustre invité d'une équipe rodée, qui tourne sur ce continent depuis une paire de mois. Ce sera la manifestation sur scène d'une collaboration fructueuse.

« Ce disque, affirme Mme Krall-McManus, je l'ai fait comme les autres: il s'agissait de trouver de bonnes chansons, les enregistrer en studio, les jouer dans le cadre intimiste des clubs pour voir si elles se portaient bien sur scène. Cette fois, je n'avais pas envie de choisir des standards de jazz, ce n'était pas la direction à prendre pour ce disque. J'ai travaillé fort sur le répertoire de Joni Mitchell et Tom Waits, j'ai créé les miennes avec mon mari. Nous avons enregistré 25 chansons, nous en avons gardé une douzaine.»

« Pour ce, nous nous sommes enfermés dans une résidence de la Colombie-Britannique, nous avons aussi écrit sur la route. À mon grand étonnement, ce fut facile, très agréable et d'autant plus excitant. J'aurais pu sortir frustrée de cette expérience malgré toute la beauté et la chance extraordinaire de travailler avec un tel partenaire. Il aurait pu douter de ce projet, il aurait pu se lasser de ce travail. Au contraire, il n'a pas cessé de m'encourager.»

« Jamais il ne m'a indiqué ce que je devais faire. On s'échangeait des informations, il m'encourageait à ne rien détruire, à enregistrer patiemment, à me concentrer sur l'objectif de chaque chanson, à préciser la manière dont je voulais dire les choses. Et il me proposait de m'aider pour parfaire mon travail. Ainsi, Elvis et moi avons bien travaillé ensemble. Nous n'avons pas tenté de réécrire des standards racoleurs, encore moins les tubes d'une saison. Les chansons étaient déjà en nous, j'ai pu trouver un déversoir créatif en quelqu'un qui comprend la musique sous toutes ses formes. Ce fut un immense plaisir de travailler avec un mari que j'admire, que je respecte, à qui j'accorde une confiance illimitée. »

Le tournant de sa carrière

Sa chanson la plus réussie?

« Difficile à dire... Je suis, en tout cas, très fière de Departure Bay », répond l'artiste. On lui donnera raison. Dernière au menu, Departure Bay évoque le port de sa ville natale (Nanaimo), on y imagine les scènes d'un premier Noël suivant la disparition de sa mère bien-aimée, on s'y ouvre de nouveau à l'espoir, aux nouvelles amours, à l'avenir.

Diana Krall, qui partage sa vie entre les tournées, les voyages et deux résidences (New York et la Colombie-Britannique), s'estime très chanceuse d'être parvenue à un tel résultat au cours d'une période de changements personnels pour le moins intenses.

« J'avais alors le sentiment qu'on avait tiré le tapis sous ma vie et ses repères... J'étais dans un tel état de déséquilibre! Que faire alors? Se sauver ou bien plonger? Plonger. Heureusement, je suis le genre de personne qui peut tirer parti de telles situations. Certaines périodes très douloureuses de ma vie ont été parmi les plus créatives. Encore hier, j'étais très fatiguée avant mon spectacle. Je suis montée sur scène et ce fut l'une des meilleures représentations de cette tournée. Beaucoup de plaisir, du rire à profusion... voilà toute la magie de la musique! »

La nouvelle récipiendaire du prix Oscar-Peterson dit être toujours reconnaissante envers le public montréalais qu'elle s'apprête à combler de nouveau, mardi.

« En 1995, se rappelle-t-elle, ma mère était très malade et nous avions joué au Cabaret du Musée Juste pour rire. Mon désarroi m'avait alors poussée à me surpasser. Ce fut une chance exceptionnelle, un véritable tremplin, le tournant de ma carrière. Je me souviens aussi de mon premier spectacle (télévisé) au Spectrum... Lot of faith in Montréal. »

DIANA KRALL, en concert au Centre Bell le mardi 29 juin, 20 h. Gala présenté en avant-première du 25e Festival de jazz de Montréal.
Anne Marie
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Re: Diana à Montréal

Postby Anne Marie on 03 Jul 2004, 01:53

Pour clore le sujet, voici 2 articles portant sur la prestation de Diana mardi soir.


La princesse Diana ouvre le bal

Alexandre Vigneault
La Presse


L'élégante Diana Krall, la princesse du jazz, a comblé 11 000 de ses fans, hier soir au Centre Bell, donnant par la même occasion le coup d'envoi du 25e Festival international de jazz de Montréal. La pianiste à la voix sensuelle avait déjà eu l'honneur d'offrir le concert d'ouverture, il y a trois ans, au Théâtre Saint-Denis, mais son étoile a gagné en brillance depuis. Elle remplit désormais des arénas.

L'envergure du concert d'hier donnait d'ailleurs une idée de l'éclat que le plus imposant festival de jazz du monde entend donner aux célébrations de ses noces d'argent. L'attente a été longue- les billets pour plusieurs concerts ont été mis en vente au mois de décembre- et cette édition doit être événementielle. L'orgie jazz s'étend sur 12 jours cette année, soit un de plus qu'à l'ordinaire.

Sur papier, il était question d'un «gala» d'ouverture. Loin des cocktails où le noeud papillon est de mise, on a plutôt assisté à un gala très décontracté. Les robes de soirée se faisaient rares dans les gradins et Diana Krall, elle-même, avait troqué ses robes distinguées pour un jean ajusté et une veste d'un blanc nacré. Un look jeune qui faisait très chanteuse pop, la classe en plus.

«Il y a dix ans, personne n'aurait cru que le jazz allait donner une superstar au show-business», soulignait hier après-midi André Ménard, directeur artistique du Festival international de jazz de Montréal. Onze ans après son premier album, lancé par l'étiquette montréalaise Justin Time, Diana Krall fait figure d'exception dans le monde du jazz. Elle a vendu près de 10 millions de disques sans diluer sa musique. «C'est le public qui a fait un pas vers le jazz, analyse André Ménard. C'est une mécanique qu'on ne voit pas souvent dans le cas d'un artiste jazz.»

Signe indéniable du succès populaire de la musicienne originaire de la Colombie-Britannique, dans les couloirs du Centre Bell, des stands offraient des posters, des programmes illustrés et des chandails à son effigie. Comme Madonna ou Justin Timberlake.

«Elle aurait pu vendre 20 000 billets à Montréal, assure André Ménard. Mais il était entendu qu'on n'en vendait pas plus de 11 000, parce que ça correspondait à la formule qu'elle voulait. Sinon elle aurait pu faire deux soirs au Centre Bell ou utiliser une scène centrale et remplir la place comme Shania Twain.» En plus de souligner la popularité de Diana Krall, le concert d'hier rappelait l'amitié constructive entre le Festival de jazz et l'artiste. Il y a neuf ans, encore peu sûre d'elle, la chanteuse avait donné plusieurs concerts au cabaret du musée Juste pour rire.

«C'est un peu à Montréal que son talent s'est révélé», a rappelé André Ménard, au moment de la présenter à ses milliers de fans réunis au Centre Bell. Son envergure est aujourd'hui telle qu'elle a reçu hier le prix Oscar-Peterson pour sa contribution au jazz canadien. Elle a reçu le prestigieux trophée, le premier créé par le Festival international de jazz de Montréal à l'occasion de son dixième anniversaire, des mains d'un autre pianiste canadien, Oliver Jones, sous les applaudissements nourris de son public. Émue, elle a remercié Jim West, des disques Justin Time, de lui avoir donné la chance d'enregistrer son premier disque.

«C'est un moment incroyable, a-t-elle dit. Le trophée sera sur mon piano, à New York, dans à peu près 24 heures.» Alain Simard, président du Festival international de jazz, a précisé que son conseil d'administration n'avait jamais remis deux prix à la même personne auparavant. Diana Krall a été la première récipiendaire du trophée Ella-Fitzgerald, créé il y a cinq ans, afin de souligner les qualités d'une chanteuse. Son prix Oscar-Peterson, la grande blonde l'a reçu pour son jeu au piano, particulièrement brillant, hier soir. Après ce deuxième concert de «pré-ouverture» - il ne faut pas oublier la prestation de J.J. Cale au Spectrum, samedi dernier -, on peut désormais déclarer la saison de jazz officiellement ouverte. Les automobilistes le remarqueront dès aujourd'hui avec le début des concerts extérieurs... et la fermeture de plusieurs rues du centre-ville. En plus du traditionnel grand événement gratuit, The Funk Brothers, le 4 juillet, le Festival de jazz présente cette année trois autres spectacles-événements: Soleil de minuit, le 11 juillet, pour les 20 ans du Cirque du Soleil, Streetnix et le Vic Vogel Big Band (les 10 et 11 à la Place des Nations) et une grande fête sud-africaine menée par Johnny Clegg, ce soir, à l'angle des rues Jeanne-Mance et Sainte-Catherine.


Quartette pour... aréna

Alain Brunet
La Presse


Certes, le gala du 25e aurait été encore plus apprécié du grand public avec la matière de The Look Of Love, l'album de pop classique de la superstar canadienne avec lequel elle s'était amenée en 2001; imposante section de cordes, des bossa novas et ballades pour faire tripper à gogo les madames en talon aiguille et en robe «pas-de-dos». Le répertoire d'hier se prêtait moins au glamour.

Mais... ce fut paradoxalement réussi.

Hier soir, devant 11 000 personnes et un imposant dispositif télévisuel mis au point dans le Centre Bell (le spectacle était présenté en direct), Diana Krall a plutôt opté pour une paire de jeans et un chemisier simple (tout de même chic), elle a misé sur une petite formation très jazzy, un répertoire intimiste fondé sur l'intensité instrumentale et la virtuosité de ses participants -le guitariste Anthony Wilson, le batteur Peter Erskine et le contrebassiste Robert Hirst. Elle a misé, en fait sur son meilleur album, son plus récent: The Girl In The Other Room, autour duquel elle a brodé intelligemment.

Avec Sometimes I Just Freak, Krall a donné le ton: swing des plus vigoureux, variété impressionnante de rudiments, cohésion de l'ensemble. La longue version de All Or Nothing, seconde au programme, était encore plus swing que la précédente. On était à se demander si tant de monde pouvait goûter tant de jazz, absorber ces solos très orthodoxes de la guitare jazz, ces démonstrations de technique et de virtuosité. La question était superflue, car notre blonde de l'Ouest a enchaîné avec un blues bien senti, signé Mose Allison: Stop This World.

Le public m'a alors semblé plus capable d'en prendre que la plupart des diffuseurs de masse ne le croient. En tout cas, Diana Krall ne prenait pas 40 détours, la pièce titre de son dernier album était relue avec un coefficient élevé de difficulté. Rarement, en fait, ai-je vu Diana Krall chanter et jouer avec autant de fougue.

Comme si elle avait l'intention ferme de ne plus se laisser aller au divertissement léger, ou même à cette jazzy pop classique qui l'a rendue riche et célèbre!

Puis les amours compliquées de Abandoned Masquerade, mises en rimes par son mari et «meilleur ami» Elvis Costello, ont calmé un peu le jeu. I'm Coming Trough, la suivante, nous rappelait à quel point l'influence de Joni Mitchell est forte sur la chanteuse et pianiste; ce jazz teinté de folk , non sans rappeler la période jazzy de la géniale Mitchell, menait même Krall à prendre des inflexions de son aînée et compatriote.

Re-blues ensuite avec Temptation, créée par un autre couple fort intéressant: Tom Waits et Kathleen Brennan. La jazzwoman se permettra même d'extirper quelques sonorités des cordes de son piano. Peu loquace, elle nous dira quand même que Montréal et son festival représentent un «lieu très important» pour elle.

Elle a repris ensuite le chemin d'un jazz on ne peut plus hot, swinguant à fond de train à l'est du Soleil (East Of The Sun), et à l'ouest de la Lune comme le dit la chanson. Le tempo et le débit des rimes étaient d'autant plus rapides dans la version de Devil May Care.

Nous étions fin prêts pour Elvis Costello, vêtu d'un complet bleu pour entonner un de ses classiques de même couleur, Almost Blue. «Bonsoir mon amour», a-t-il lancé tendrement à sa compagne avant d'interpréter sa chanson... pour ensuite se retirer jusqu'au rappel. Deux apparitions de Costello dans ce fameux gala du 25e, était-ce suffisant pour les fans? Le couple en a décidé ainsi, à vous de tirer vos conclusions.

On a pu se rabattre sur Black Crow, classique de Joni Mitchell parfaitement maîtrisé par Diana Krall. Un autre blues, cette fois plus cochon, propice au boogie et autres martèlements, a évoqué la manière Bonnie Raitt de chanter l'amour: Love Me Like A Man... pas autrement! Le côté garçon manqué de Diana Krall était bellement mis en relief.

Après la remise du prix Oscar Peterson, la plus belle ballade au programme nous sera servie: Departure Bay, une chanson qui a toutes les qualités pour devenir un classique. C'est d'ailleurs le cas de Secret Heart, interprétée cette fois de concert avec Ron Sexmith, son auteur et compositeur. Le très doué Canadien qui m'a semblé plutôt mal à l'aise dans un cadre aussi peu intimiste que le Centre Bell pour nous faire apprécier son excellent songwriting.

Ce concert audacieux (dans le contexte d'un «gala», répétons-le) se terminera par Drown In My Own Tears, un blues gospelisant jadis repris par Aretha Franklin, cette fois par le mari de Diana. Elvis usera de ses meilleurs vibratos pour faire lever ce blues, c'est le moins qu'on puisse dire.
Anne Marie
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Postby Rémi on 03 Jul 2004, 08:12

Désolé pour cette réponse tardive mais merci AM pour ces articles! :)

Il faudra juste penser à dire à ce monsieur Alexandre Vigneault, bien qu'auteur d'un très bel article, de me payer les royalties concernant l'utilisation du mot "princesse"! ;)
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